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mardi 9 juillet 2013

L’œil du purgatoire, de Jacques Spitz (1896-1963)


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Quel étonnant roman ! Et quelle puissance du genre fantastique pour nous ouvrir les portes de la perception...
C'est l'histoire d'un peintre raté et misanthrope dans un Paris d'autrefois. Il est le narrateur de sa petite vie misérable. Il n'aime personne, surtout pas lui. Il trouve les gens laids. Il s'ennuie avec sa maîtresse. Il méprise ses amis, qui ne s'en formalisent pas, habitués à son caractère. Même ce type nommé Babar, avec sa trompe. Il traîne son ennui et cherche, de son œil de peintre, des sujets pittoresques. Un jour, il tombe sur un vieux garçon de laboratoire qui prétend être un génie et ratiocine à l'envie sur "les voyages dans la causalité".
Dans cette première partie du roman, on évolue dans un Paris en noir et blanc, un univers solide et bien réel. Mais que se passe-t-il si soudain votre regard sur le monde se met à changer, parce qu'un savant fou vous a pris pour cobaye, au prétexte que vous vouliez vous suicider ?
Quand vous devenez l'oeil du purgatoire...La suite verra se dissoudre l'univers solide du début.
La banalité quotidienne de la première partie rend encore plus fantastique la seconde partie. Je garde des images dans la tête: ça commencerait par des photos d'un Paris disparu, façon Brassaï, puis le réel deviendrait angoissant comme dans une nouvelle de Maupassant, et, pour finir, on aurait l'impression d'évoluer dans un univers lovecraftien. Le lecteur se demande au début si le roman en vaut peine, et puis, c'est la bonne surprise, on le plonge dans une morbidité qui rend l'histoire passionnante. Paradoxal ! Et vertigineux:  comme on s'identifie au "je" du personnage, on voit par ses yeux ce monde de squelettes, de décrépitude, d'humains agonisants, puis les formes, le rien...

Ce livre m'a fait penser à :  Le Horla, de Maupassant. La tribu des dix plombes de Stephen King, Les voyages dans le temps, de HG Wells.

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