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samedi 25 mai 2013

Onirique et crépusculaire: les Jardins statuaires de Jacques Abeille


Les Jardins statuaires, de Jacques Abeille. Éditions Attila, 2012. 26 euros.
Mon "livre préféré" de cette année, pour l'instant. Et je ne le vois pas sortir du top 10...
Le livre est de forme rectangulaire. Une boîte noire. Pages d'ivoire jaunie, typographie en New Times Roman.
 Le quatrième de couverture nous avertit:
 « Imprimée sous une couverture toilée, libérée de toute mention de l'auteur et de l'éditeur (la présente étiquette est amovible), augmentée de pages blanches pour accueillir les commentaires, l'oeuvre se retrouve ici semblable aux autres livres des ancêtres, ces mystérieux textes qui peuplent le pays des Jardins statuaires...»
Je ne sais rien de ce que je vais lire avant de le commencer. Réminiscences de critiques littéraires en parlant comme d'une oeuvre culte, quasi maudite. Son aspect fait penser à une sorte de roman primordial. Après cent pages, on peut évoquer quelques influences: version développée et enrichie de La Vénus d’Ille, on pense aussi beaucoup au Rivage des Syrtes, de Gracq, pour le coté altier de l'écriture, mais à l'inverse de Gracq, Abeille mène le roman à un terme, ne se contente pas de l'attente.
Je ne veux pas trop en dévoiler, il faudrait que le lecteur soit au même point que moi quand je l'ai commencé. Disons qu'un étranger entre dans une province. Dans cette province, il y a des jardins statuaires...Bien sûr, il s'y passe des choses étranges, une tradition séculaire plane sur cette contrée et ses jardiniers .
 Je n'en dis pas plus. Il faut envisager le livre comme un voyage. On ne reviendra plus dans cette province, probablement. Le roman s'apparente au fantastique, c'est un paysage onirique avec très peu d'élément surnaturels, magiques, mais juste assez pour créer l'étrangeté. J'ai aussi pensé aux toiles de De Chirico, de Delvaux, Magritte. Une réalité teintée de surnaturel. Une expérience de lecture unique.
Ce n'est pas un livre qui se donne facilement. Il n'est pas "aimable" dans ses 150, 200 premières pages, presque aride, mais ensuite, on a du mal à le quitter.
Le petit bémol: l'exigence, la fierté, c'est bien, mais c'est écrit trop petit, quand même...


A propos du roman, journal de David J. :

...Commencer à lire les Jardins statuaires de Jacques Abeille. Tu ouvres ce gros livre noir, et tu entres dans un monde inconnu.
...
Hier soir, lire les Jardins statuaires, histoire d'amour dans le domaine dévasté.
...
Lire les Jardins statuaires. Cela devient passionnant quand le personnage est en mouvement, après les lentes et froides présentations du début, les archers, les visions, le barbu qui se baigne nu, l'archère nue aux cheveux noirs qui fait boire un filtre dans une ville en ruine. Ce roman tient toutes ses promesses, comme un opéra, il se développe crescendo, après une phase où il se mérite, j'ai du mal à le lâcher. Même si j'ai eu du mal à y revenir. Hier je l'ai délaissé.
...
Hier soir, donc, du mal à quitter les Jardins statuaires, la ville abandonnée, la mort donnée à l'arc, le filtre et le mélange des corps, l'accueil du rebelle, la boue rouge.
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Lire les Jardins statuaires, rien que de l'écrire, je ressens ce frémissement de plaisir...livre qui vraiment se mérite, lent et solennel à démarrer, mais ensuite quel univers. On est gâté, récompensé. La fuite de la maison, la fureur des statues. Tout ça se déroule dans un style qui reste lent, scènes stéréotypées, mais images qui s'imposent avec une force incroyable.
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lire Jardins statuaires, le délice de s'y plonger, c'est l'invitation au voyage du soir, on est ailleurs, dans une civilisation qui va vers sa fin.
...
le Abeille, presque fini. Je m'en garde encore un peu pour demain soir.
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Voilà, maintenant que j'ai fini le roman, écrit ce résumé, je vais pouvoir partir à la découverte de son auteur sur internet, chose que j'évite pour ne être influencé pendant la prise de note.

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