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jeudi 17 avril 2014

Le sang, le feu et la mort, suite du Trône de fer...

Georges R.R. Martin, Le Donjon rouge (1997)
(Le Trône de fer 2) traduit de l'américain par Jean Sola (Pygmalion)

Pas facile de s'y remettre quand on connaît l'histoire. Les deux premiers tomes du Trône de fer couvrent la première saison de la série télé avec ses événements terribles: une décapitation et la naissance d'animaux fantastiques...1000 pages environ contre 10 heures de film.
Critique du premier tome: Trône de fer, fureur médiévale

Si vous regardez la série et que vous vous sentez frustré à la fin d'une saison, plongez-vous dans la lecture. Là, nous sommes au plus près des personnages, nous vivons dans la boue des batailles, nous voyons le sang couler, les chairs brûler (trois méchants d'ailleurs) nous découvrons ce qui se cache derrière la colline. Comme un livre dont on est le héros. L'imaginaire du lecteur est actif .

Au cours de cette lecture, j'ai traversé des bois ténébreux en respirant l'arôme de résine et d'aiguilles fraîchement tombées, le parfum des feuilles mortes, d'humus et de fermentation, émerveillé par la toile de l'araignée-césar. La forêt se refermait sur moi, des mendiants m'ont attaqué, déserteurs de la garde de nuit, heureusement, les chiens-loups sont là.
Corbeaux et corneilles vivent parmi les hommes, l'un joue les mainates chez le vieil homme, l'une parle à Bran "le brisé" dans ses rêves: « C'est la magie que je veux apprendre. La corneille m'a promis que je volerais.»

J'ai été enfermé dans une cellule en pente douce ouverte sur un vide immense, craignant de m'endormir et de chuter, soumis aux griffes aiguës de la bise...Comment je m'en suis tiré face à la folle, je me le demande encore. Mais j'ai des ressources insoupçonnées malgré ma petite taille, je m'appelle Tyrion Lannister. Et j'aime chantonner la chanson de Myr « La première fille avec qui j'ai couché la fredonnait sans cesse et je n'ai jamais pu l'extraire de ma cervelle.» Les circonstances autour de ce "premier amour" mériteraient d'être contés, c'est dans le roman...
épisode 6 saison 1


J'ai été un homme d'honneur et mon coté psychorigide m'a coûté ma tête...Pourtant j'avais compris la vérité, et pourquoi on avait jeté mon fils dans le vide. J'ai été assez bête pour dire à la femme incestueuse que je connaissais son secret. Et mon idiote de fille qui révèle notre fuite à la méchante reine. Et j'en rajoute une couche en faisant confiance à l'amoureux déçu de ma femme, faisant exterminer tous mes fidèles gens dans "un concert inouï d'imprécations rageuses, de grognements de douleurs, de râles et de cris d'agonie". Avec des ennemis pareils, on se dit que les Lannister ne risquent pas grand-chose...

Heureusement, mon fils Robb Stark est un bon stratège malgré ses 16 ans. Il tient des conseils de guerre en posant une carte de cuir sur la table dont "il mate le redéploiement maniaque en déposant son poignard." Exemple de détail écrit qui nous fait sentir la scène et son ambiance. Et ma plus jeune fille prisonnière de Castral Roc sait filer, vite comme un daim, silencieuse comme une ombre. Elle n'hésite pas à tuer son premier homme...Les plus jeunes, victimes de la brutalité des adultes, s'ensauvagent, comme Rickon,  qui pressent la mort de son père au fond du caveau des Stark.

Et mon autre fils, Jon Snow, le bâtard, prête serment à la Garde de nuit auprès de l'arbre-coeur car le sang des premiers hommes coule dans le sang des Stark. Il devient un veilleur du rempart et lutte déjà contre la chose aux yeux bleus qui veut la mort de Ser Mormont. Comment fait-on pour tuer un mort-vivant super coriace ? L'hiver approche....

Le roman nous donne deux batailles très bien rendues. L'une vécue de l'intérieur par Tyrion et sa bande de barbare dépenaillés. Piégé par son père, le nain va prouver qu'il vaut mieux que de la pâture à corbeaux... Sur plusieurs pages on vit la fureur des combats, comme si on y était.
L'autre scène, vue de l'extérieur par Catelyn qui assiste à la victoire de son fils et la capture du Régicide. L'attente de la bataille - des éternités s'écoulèrent...Les bois murmurants parurent exhaler tout leur souffle d'une seule haleine- fait qu'on est presque en temps réel avec eux.

Les personnages sont terriblement humains: ils passent leur temps à faire des erreurs et à essayer de les réparer. Quelque soit leur expérience: on l'a vu avec Ned Stark arc que bouté sur son honneur. Nous voyons Tywin Lannister le chef de guerre pécher par arrogance et son fils Jaime paie son impatience. Khal Drogo combat sans armure mais même chez les barbares bodybuildés durs au mal une plaie peut s'infecter . Daenerys essaiera de le sauver en faisant confiance à une magicienne que ses hommes ont violé, ce n'est pas une bonne idée. Jon choisit de déserter,etc...
Daenerys, la seule à résister aux flammes...
Bref, un bon moment de lecture et un curieux dilemme: je n'étais pas vraiment en manque, je me suis forcé en espérant rattraper la série et prendre de l'avance. Et puis, mon billet sur le premier tome est assez lu. Mais si je compte bien, pour me mettre à niveau, il faudrait que je lise encore trois ou quatre tomes de 500 pages chacun. Je suis tellement éclectique que ça risque de poser problème...On verra.







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