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lundi 17 mars 2014

Quoi de neuf ? Balzac !

Ça m'obsédait.
Ce livre.
L'envie de le relire.
Illusions perdues, d'Honoré de Balzac.  

J'hésitais, il fallait se lancer dans ce vaste monde, ce bouillonnement, cette comédie humaine. Ça voulait dire exclure les autres livres pendant un moment.

Quand je l'ai lu, il y a quinze ans environ, j'ai été fasciné jusqu'au malaise par son coté actuel. L'impression de retrouver la corruption de notre époque, alors que l'oeuvre a été écrite de 1837 à 1843. L'envie de prendre la machine à remonter le temps pour comparer.
Je cède à ce besoin. Je me plonge dans ce gros morceau. Comprendre pourquoi ce livre, cette histoire me hante par delà les années.

Comment en parler ?  L'article de wikipédia dévoile l'intrigue, je vais aller encore plus loin en parlant du livre comme d'une série télé dont on suit les épisodes jour après jour. Ce sera un long résumé avec mes impressions au fil de la lecture. Je veux retranscrire mes sensations au plus près afin de comprendre ce qui m'avait tant fasciné. C'est aussi une manière de me débarrasser du livre en tant que "souvenir fantôme".

Comme je dévoile l'intrigue, je mets un avertissement en haut de chaque billet.

Comment le lire ? Sur liseuse. Chargé gratuitement sur Feedbooks. Les avantages: plus léger, plus maniable, lecture plus concentrée. Les désavantages: moins facile de prendre des notes, de feuilleter.

En cours de lecture, j'achète Illusions perdues en Garnier-Flammarion, en me disant que je vais alterner. Impossible! La liseuse est plus confortable. D'abord, on a une page à la fois, on échappe à ces énormes blocs de textes qui sont décourageants, surtout chez Balzac. Ensuite, le bouquin est trop rigide, il faut le poser pour lire et le maintenir appuyé avec les deux mains. J'appelle ça un "livre à ressort": tu le lâches, il se referme !
 Alors que la liseuse tient entre deux doigts, ou posée à plat, on lit avec les yeux et on tourne les pages de la pulpe de l'index. Ça commence à faire un paquet de fois où je me décourage devant les livres papiers.
C'est parti ! Les billets:

  1. Premier billet, où on découvre les personnages principaux du roman
  2. Suite de la vie de David et Lucien à Angoulême
  3. Où l'on s'identifie à Lucien, humilié et pauvre à Paris
  4. C'est l'heure de la revanche pour Lucien, et du pacte avec le diable...
  5. Culminer, puis chuter. 
  6. Retour à Angoulême, que deviennent David Séchard et la belle Eve ? 
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Ma conclusion: Illusions perdues est palpitant, un roman feuilleton, un mélodrame, etc. J'ai moins éprouvé ce sentiment de retrouvé notre époque actuelle.

Hypothèse: les temps ont changé, on ne s'en rend pas compte, mais internet, en donnant à chacun la possibilité de s'exprimer, est une révolution qui change le regard, à quinze ans de distance. La presse papier est en train de dépérir, les télévisions ne dominent plus comme avant. Quand j'ai lu le roman, j'étais un jeune homme qui n'avait connu que l'ancien monde, terriblement limité en terme d'expression. Aujourd'hui, même si la situation économique est difficile, le web nous convie à un élargissement de l'esprit.

La meilleure preuve c'est ce billet: il y a 15 ans je n'ai partagé avec personne ce mélange d'admiration littéraire et de malaise sociétal que j'avais à la lecture de l'oeuvre de Balzac. Je ne pouvais pas !
 Aujourd'hui, j'en fais un billet de blog qui peut être lu par n'importe qui fait une recherche sur le livre. Ça change tout. Autrefois, en dehors de l'université, de l'édition, pas de salut, aucune chance d'être lu, comme Lucien Chardon, on dépendait des règles strictes d'une société. Aujourd'hui, dans mon cagibi à la base de la pyramide, je peux crier mon admiration pour Illusions perdues, ce livre monde, cette leçon universelle.

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